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Carnet |
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| n°015/janvier 2012 | ||||||
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2012, Prendre le temps, |
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Habités La Tourette. Les deux bâtiments de logements forment deux « T » parallèles arrimés sur rue par leurs sommets. Le premier (lot B3B) est constitué de trois parties unifiées : un bâtiment sur rue (R+7), un retour en cœur d’îlot, auquel vient s’articuler une petite tour à R+8 posée dans les jardins. Par contraste avec cet ensemble de verre extraverti, l’autre bâtiment (lot B3C, en cours de livraison) est monolithique et tapi derrière de hauts garde-corps d’aluminium perforé empruntant au ciel parisien son camaïeu de gris. C’est en tournant au coin de l’immeuble de bureaux qui ferme le bloc avenue Émile Zola, que l’on découvre la tourette. Plantée en position avancée, elle projette ses balcons vers les façades des immeubles alentour. Comme le corps de bâtiment qui la rattache à la rue, elle est vitrée de haut en bas ; les garde-corps aussi, dont aucune lisse horizontale n’interrompt la course vers le ciel. Sa transparence s’explique par le nécessaire apport de lumière et de soleil dans le cœur d’îlot. Elle est osée sous nos latitudes où l’on sait que souvent les rideaux se referment sur l’intimité des habitants, tandis qu’en terrasse on recueille derrière des canisses le trop-plein de logements privés d’espaces de stockage... Mais « l’effrontée », flirtant avec un bosquet de résineux filtrant les regards obliques des voisins, développe un projet d’habitation généreux. La ceinturant de cheminements étroits reliant entre elles, par l’extérieur, les différentes pièces des logements et les plateformes des balcons, Philippe Dubus a sculpté son objet en dotant les appartements de circulations alternatives dedans/dehors. Il a parallèlement attribué aux séjours de larges surfaces de terrasses (2,5 m de large sur 6 m de long) qui en même temps qu’elles offrent un surcroît d’espace protègent, en les abritant sous leurs grands débords, l’intérieur des logements ainsi mis à distance du voisinage pourtant proche et dense. Avec le vertige pour compagnon de jeu, il a ciselé un ouvrage cristallin qui, à la différence des immeubles de verre où les reflets abondent, est mat. Ici pas de miroitement mais des brillances sourdes et subtiles qui, du danpalon translucide des façades au satiné des sous-faces de balcons en alucobond, piègent et répandent la lumière du jardin. Évidemment, on est curieux de voir comment vivra ce prisme habité. http://www.philippe-dubus.com/ |
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